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Guide de lecture

Au sujet de l'auteur
Rawi Hage by Babak SalariRawi Hage est né à Beyrouth, au Liban. La guerre civile a éclaté dans son pays lorsqu’il avait 9 ans et il a quitté son pays pour s’établir à New York à l’âge de 18 ans. Il prend le cap vers le Canada par la suite, en 1992, à Montréal plus précisément, où il a fait ses études en arts au collège Dawson et Concordia. Son premier roman Parfum de poussière (De Niro’s Game en anglais) (2006) a été en nomination pour le prix du gouverneur général pour la littérature et pour le prix Giller. Pour ce même roman, il a reçu le réputé prix de l’international IMPAC Dublin Literary Award en 2008 ainsi que le prix du libraire au Québec à la même année. Il est aussi récipiendaire du prix Paragraph Hugh MacLennan section fiction pour un premier roman et le prix McAusland. Son plus récent roman est Cockroach, publié en 2008.
 
Parfum de poussière

Parfum de poussièreBeyrouth, capitale du Liban, en pleine guerre civile. Ce n’est pas de tout repos. C’est une ville sale, où il est possible de vivre mais à un certain prix, celui de la vie elle-même. Bassam est un jeune homme tout à fait typique de son coin de pays, qui jongle à travers les bombes et qui se tient toujours en compagnie de son meilleur ami Georges (surnommé De Niro). À travers leur amitié s’est perdu beaucoup de sang, de leurs voisins, de leurs amis, dans la poussière de ce pays. Même s’ils se considèrent comme des frères, leur chemin va se séparer, l’un désire plus que tout quitter son pays et l’autre s’engage dans la milice. Entre histoires d’amour et histoires d’horreur, ce livre raconte le destin de deux jeunes hommes poussé par les bombes.

 
Extrait de Parfum de poussière:

Les bombes tombaient comme la mousson sur l’Inde lointaine.  J’étais agité, prêt à tout, j’avais besoin d’argent, d’un meilleur boulot.  Je travaillais au port.  Opérateur de treuil.  On déchargeait des navires remplis d’armes qui portaient des numéros de série hébreux, anglais ou arabes.  Des fois, c’était une cargaison de pétrole, et il fallait alors raccorder des tuyaux menant à des camions.  Les fruits venaient de Turquie.  Les moutons morveux qui poussaient des bêlements inquiets venaient aussi de la Turquie.  Nous, on vidait tout.  Quand la cargaison se composait d’armes, toute la zone était cernée par les jeeps de la milice. On déchargeait toujours  la nuit.  Aucun éclairage n’était permis, pas même la lueur d’une cigarette. Après le quart de nuit, je rentrais chez moi et je dormais toute la journée.  Ma mère faisait la cuisine en maugréant.  Les rares fois où je travaillais au port ne suffisaient pas pour mes cigarettes, pour faire taire ma mère, pour acheter à manger.  Où aller, qui voler, escroquer, supplier, séduire, déshabiller, palper?  Assis dans ma chambre, je contemplais le mur couvert d’images étrangères : posters fanés d’idoles pubères, de blondes aux dents blanches éblouissantes, de footballers italiens.  Je me disais que Tome avait l’air d’un bon endroit où se promener librement.  Les pigeons, sur les places, avaient l’air heureux.  Bien nourris.

...

Dix mille bombes en chute libre comme des billes sur le parquet de la cuisine et ma mère faisait toujours la popote.  Mon père était toujours couché sous la terre; seul le Christ est revenu d’entre les morts, à ce qu’on raconte.  J’avais perdu l’habitude d’attendre que l’auteur de mes jours ouvre sans bruit la porte, qu’il se dirige vers la cuisine avec lenteur, qu’il prenne place à la table, qu’il attende que ma mère lui serve un bol de salade avec du pain azyme.  Les morts ne reviennent pas.

Dix mille bombes, ça fait siffler les oreilles mais je refusais toujours de descendre dans l’abri.

J’ai perdu trop d’êtres chers, disait ma mère.  Viens avec moi.

Je n’y allais pas.

 
Personnages
Bassam : Jeune adulte vivant à Beyrouth et désire plus que tout sortir de son pays.
Georges: Le meilleur ami à Bassam, de son surnom De Niro, qui s’enrôle dans la milice.
Nabila: La tante à Georges, qui sera d’une grande aide pour Bassam.
Abou-Nahra: Le patron au casino où Georges travaille et qui va l’inciter à s’enrôler.
Rana : Une voisine libanaise qui deviendra la petite amie de Bassam.
Rhéa : La demi-sœur à Georges, il n’a aucune idée qu’elle existe. Elle vit à Paris.
 
Information supplémentaire
Le Liban est un pays du Proche-Orient. La langue officielle de ce pays est l’arabe, mais le français, l’anglais, l’arménien et le kurde sont aussi couramment parlées.
 
La guerre civile au Liban: Beyrouth, 1975. Un dimanche dont tout le monde se rappellera longtemps est sans aucun doute celui du 13 avril 1975. Dans cet endroit du globe, une tension entre les différentes communautés du pays et les Palestiniens règne depuis déjà un quelques années, mais c’est à cette date fatidique que sera à jamais marquée de début de la guerre civile au Liban. Devant une église à la sortie de la messe, des coups de feu se font entendre et tuent 4 fidèles au passage. Un peu plus tard, le groupe obtient vengeance et tire sur un autobus rempli de Palestiniens. La guerre civile entre Palestiniens et Chrétiens est commencée. Les coups de feu résonnent toute la nuit du 13 au 14 avril 1975 et son écho a perduré jusqu’en 1991, le 22 mai pour être plus exact, date rendant officielle la fin de cette guerre. Entre 130 000 et 250 000 personnes ont été victimes des coups de feu durant cette guerre civile.